lundi 21 février 2011

Stress au travail (accord collectif de Safran).

Qu'est-ce que la méthode "WOCCQ" pour mesurer le stress ?

Source : site Actuel -HSE du 7 février 2011.
 
Dans certains accords collectifs sur le stress, comme celui de Safran, syndicats et direction s'appuient sur l'outil "WOCCQ", une méthode d'évaluation du stress mise au point par l'université de Liège, en Belgique.
Dans son accord collectif sur le stress signé, le 19 janvier, par tous les syndicats, le groupe Safran (34 000 salariés en France) a eu recours à un outil mis au point par Isabelle Hansez, responsable de "l'unité de valorisation des ressources humaines de l'université de Liège".

Qu'est-ce que le WOCCQ ?

Le nom de cet outil est le WOCCQ (Working Conditions and Control Questionnaire). Moins connu que les méthodes de Karasek ou de Siegrist, il se définit comme une méthode de diagnostic collectif des risques psychosociaux et son usage est, bien sûr, conditionné à la signature d'une licence. "La direction avait commencé à utiliser cet outil avant l'accord. Nous l'avons retenu car il fait référence pour l'évaluation du stress et parce qu'il sera employé sous le contrôle de la médecine du travail", nous explique Daniel Retat, le coordinateur CFDT pour le groupe.

Plusieurs questionnaires

Cette méthode utilise plusieurs type de questionnaires qui ont été testés et validés sur des échantillons de travailleurs belges et français. Il s'agit, comme dans les autres méthodes, de tenter de mesurer le sentiment de stress éprouvé par le salarié en le rapportant à son groupe de travail (*).

30 à 45 minutes pour répondre

L'étude qui résulte de l'enquête faite après les questionnaires (5 mois pour la mener à bien, sachant qu'un individu met de 30 à 45 minutes pour répondre aux questionnaires) permet "de situer les groupes à risques de l'entreprise, c'est-à-dire ceux qui sont les plus exposés à une charge psychosociale et/ou à des facteurs de stress, mais aussi de fixer des priorités en matière d'intervention qui tiennent compte à la fois du degré d'urgence et d'importance des problèmes, mais également de leur degré d'implémentation et de résolution dans le temps", explique l'université de Liège.

Réfléchir sur l'organisation

L'intérêt de la méthode, selon ses concepteurs, est de permettre "de poser des hypothèses d'intervention sur le plan organisationnel et ergonomique en vue de réduire les sources de stress et de garantir le bien-être des travailleurs à long terme".

Une formation des membres du comité de pilotage

Dans le cas de Safran, les diagnostics sur le stress seront réalisés avec l'outil WOCCQ pour les sites de plus de 200 salariés (*). Ce diagnostic sera mis en œuvre puis étudié par un comité de pilotage regroupant la direction, les RH, les membres du CHSCT et les représentants syndicaux. Ses résultats, qui seront complétés par des indicateurs maison déjà mis en place (le système dit "Everest") devront déboucher sur un plan d'action présenté, pour avis, au CE et au CHSCT.
L'accord prévoit en outre la formation, aux frais de l'entreprise, des membres du comité de pilotage et des représentants du personnel par l'université de Liège à la méthode WOCCQ.

(*) Cette méthode est toutefois déconseillée pour les entreprises de moins de 150 personnes.

Personnellement, je trouve cette approche exemplaire dans la mesure où elle combine une prévention primaire (axée sur l'organisation), une prévention secondaire (axée sur la formation des managers) et une prévention tertiaire (procédure d'alerte) en s'appuyant sur des méthodes éprouvées.

Denis LUCAS (CNRI). 

1 commentaire:

  1. pour des infos en plus sur le WOCCQ : Le WOCCQ une méthode de diagnostic des risques psycho-sociaux liés au travail : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=331

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